Dans ces visages pour l'éternité durcis Que rien ni personne ne consolera ?"
- L. Brauquier
Mohéli - Comores
"Les signaux des passagers perdus sur la mer et alertés par la présence d'autres hommes,
la distance qui grandit peu à peu entre les deux navires, la séparation enfin sur les eaux malveillantes, tout cela, et le coeur se serre. Ces déments obstinés, accrochés à des planches, jetés sur la crinière des océans immenses à la poursuite d'îles en dérive, qui, chérissant la solitude et la mer, s'empêchera jamais de les aimer ?"
- A. Camus
Mohéli - Comores
"Ces robustes navires, à l'air désoeuvré et nostalgique,
ne nous disent-ils pas dans une langue muette :
Quand partons-nous pour le bonheur ?"
- C. Baudelaire
Mohéli - Comores
"Pouvoir rire, rire, rire, effrontément,
Rire comme un verre renversé,
Fou absolument du seul fait de sentir,
Rompu absolument de me frotter contre les choses,
Blessé à la bouche pour avoir mordu aux choses,
Les ongles en sang pour m'être cramponné aux choses,
Et qu'ensuite on me donne la cellule qu'on voudra
Et j'aurai des souvenirs de la vie."
- F. Pessoa
Mohéli - Comores
"Îles Îles Îles où l'on ne prendra jamais terre Îles où l'on ne descendra jamais Îles couvertes de végétations Îles tapies comme des jaguars Îles muettes Îles immobiles Îles inoubliables et sans nom Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu'à vous."
- B. Cendrars
Anjouan - Comores
"Je reviendrai m'échouer dans le coeur des navires."
- L. Brauquier
Moroni - Grandes Comores
"Dans l'odeur d'algue et d'éponge On fait dans le creux d'une anse
Du petit port trop sereinLes voyages les plus beaux
Barques, bercez-vous d'un songe Pendant qu'on tire en silence
Glauque et marin ! Sur ses anneaux !
Sachez la vertu d'un câble Alors, pourquoi le voyage ?
Et que tout l'or du lointain Mon dieu, si c'est pour laisser
Est dans ce chanvre implacable Un sillage, - tout sillage
Qui vous retient ! Doit s'effacer ! "
- J. Richepin
Mohéli - Comores
"Je sais comment vivent les hommes
De l'autre côté de la terre.
Je connais des formes de villes
Et des intérieurs de maisons,
Le son des trottoirs à cinq heures
Couverts de foules amicales.
Parmi lesquels des visages oubliés souriraient vers moi,